Retraites : pas de suppression de la réversion versée aux veufs et veuves

“ Emmanuel Macron a souhaité faire une mise au point sur les pensions de réversion ”

Emmanuel Macron a souhaité faire une mise au point sur les pensions de réversion, ces prestations versées (notamment par les régimes de la fonction publique) aux veufs et veuves représentant une fraction de la retraite de leur conjoint décédé. « Aucun bénéficiaire actuel ne verra sa pension de réversion diminuer ne serait-ce que d'un centime. Il n'est pas question de supprimer les pensions de réversion pour les futurs retraités, qui bénéficieront des mêmes prestations pour chaque euro cotisé », a assuré le chef de l'Etat dans un message publié le 26 juin 2018 sur son compte Twitter.

 

Avec ce « tweet », le président a voulu étouffer une polémique qui ne cessait d’enfler. Dans le cadre des concertations sur la mise en place d’un système unifié de retraite comme promis par Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle, Jean-Paul Delevoye, le Haut-commissaire à la réforme des retraites, a transmis aux partenaires sociaux un document dans lequel il soulève la question de la suppression de la réversion. « Compte tenu des évolutions en matière de taux d'emploi des femmes et de conjugalité, doit-on maintenir des pensions de réversion ? », demande l'ex-président du Conseil économique, social et environnemental (Cese).

 

Les syndicats ont vu dans cette question la volonté du gouvernement de profiter de la future réforme pour supprimer la réversion qui, avec près de 36 milliards d’euros versés, représente à elle-seule 11% des dépenses de retraites en France. Si les pensions de réversion devraient donc être préservées dans le régime universel, il n’est pas sûr que leurs règles de fonctionnement soient maintenues en l’état. Aujourd’hui, chaque régime dispose de ses propres critères d’attribution. Ainsi, la réversion de base représente, dans le secteur public, 50% de la retraite du défunt et est octroyée au conjoint survivant sans conditions d’âge, ni de revenus tandis qu’elle atteint 54% dans le secteur privé et est accessible uniquement à 55 ans et si les ressources du veuf ou de la veuve ne dépassent pas un certain plafond de revenus (fixé à 20.550,40 euros pour une personne seule en 2018).

 

 

Publication du 13 août 2018

TSLR