Retraites : les fonctionnaires pas forcément avantagés

“ Alors que le calcul des retraites publiques est jugé plus favorable que celui des retraites privées, une récente étud... ”

Alors que le calcul des retraites publiques est jugé plus favorable que celui des retraites privées, une récente étude nuance grandement le tableau.

 

 

Contrairement aux idées reçues, les retraites du secteur public ne sont pas toujours plus avantageuses comparées à celles du privé. Il arrive même qu’elles soient moins-disant. C’est ce que démontre une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) diffusée le 1er mars 2017.

 

Pour arriver à ce résultat, les deux auteurs de l’étude se sont concentrés sur trois cas-types : un agent de catégorie B (employé), un enseignant de catégorie A (cadre) et un agent de catégorie A+ (cadre supérieur) nés en 1955 et qui peuvent liquider leurs droits à la retraite cette année. Avec un traitement indiciaire de 2.600 euros nets par mois, le premier touchera une retraite de 1.794 euros par mois. Ce qui fait un taux de remplacement, c’est-à-dire la différence entre le dernier salaire et la pension perçue, de 69%.

 

Payé en fin de carrière 3.600 euros par mois, l’enseignant percevra, avec les règles actuelles, 2.772 euros de retraite par mois, soit un taux de remplacement de 77%. Avec 6.800 euros par mois de traitement, le cadre A+ bénéficiera d’une pension mensuelle de 3.672 euros, ce qui équivaudra à un taux de remplacement de 54%.

 

 

 

Résultats changeants

 

Ensuite, les deux chercheurs ont appliqué aux trois cas-types les règles de cotisation et de liquidation du secteur privé. Résultat : si sur le trio, deux d’entre eux y perdent au change, un troisième en sort gagnant. En l’occurrence, il s’agit de l’agent de catégorie B. Son taux de remplacement passerait de 69% à 75%. Il toucherait 156 euros de plus par mois à la retraite s’il avait travaillé dans le privé, avec une pension mensuelle de 1.950 euros.

 

Le taux de remplacement du cadre A+ serait, lui, abaissé de 54% à 51% avec une carrière en entreprise. Le manque à gagner s’élèverait à 204 euros par mois avec une retraite mensuelle de 3.468 euros. L’enseignant souffrirait nettement plus d’un transfert dans le privé. Son taux de remplacement chuterait de huit points pour atteindre 69%. Il percevrait 288 euros de moins par mois à la retraite avec une pension mensuelle de 2.484 euros.

 

 

 

Primes ou pas primes

 

Si les résultats de l’étude de l’Insee sont tant contrastés, c’est parce que non seulement les règles de calcul des pensions ne sont pas les mêmes dans le public et dans le privé, mais la structure de rémunération du fonctionnaire entre également en jeu. Les retraites des agents publics sont calculées à partir de la moyenne de leurs six derniers mois de traitement en excluant les primes, tandis que celles des salariés du privé se basent sur la moyenne des 25 meilleures années de salaire en y incluant les rémunérations variables.

 

Or, les primes peuvent représenter en fin de carrière jusqu’à 20% du traitement d’un agent de catégorie B. D’où un meilleur taux de remplacement dans les simulations. A l’inverse, l’enseignant qui ne touche pratiquement pas de rémunération variable est pénalisé. Enfin, si le cadre A+ perçoit, lui, de nombreuses primes, il serait également perdant dans le privé où l’assiette de cotisation est plafonnée pour la retraite de base.

 

 

 

Publication du 18 avril 2017

TSLR