Retraites : le gouvernement appelé à réaliser des ajustements

“ Le Comité de suivi des retraites s’alarme du non-respect de la trajectoire financière des régimes ”

Dans son dernier avis rendu public le 13 juillet 2017, le Comité de suivi des retraites s’alarme du non-respect de la trajectoire financière des régimes. Il invite l’exécutif à prendre des mesures pour résorber les déficits.

 

L’avis du Comité de suivi des retraites (CSR) était particulièrement attendu cette année. Instauré par la réforme des retraites de 2014, cet aéropage de hauts fonctionnaires, d’économistes et d’experts a pour mission de délivrer, tous les ans, ses recommandations au gouvernement sur la base du rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites (COR).

 

Or, les prévisions du COR, présentées le 20 juin 2017, se sont avérées très sombres. Compte tenu de l’augmentation de l’espérance de vie et d’un solde migratoire moins dynamique que prévu, le déficit cumulé des 37 régimes français de retraite ne sera pas comblé en 2025 comme envisagé jusqu’ici, mais en 2040. Pire : si la croissance ne se raffermit pas, l’équilibre financier pourrait être rétabli seulement à compter de 2050, d’après les projections de cet organisme consultatif placé sous la tutelle de Matignon.

 

 

 

Sous-indexation des pensions

 

Dans ces conditions, on comprend mieux pourquoi le 4ème avis du CSR remis solennellement le 13 juillet dernier au Premier ministre Edouard Philippe a été scruté avec soins. Sans surprise, le Comité prend acte de la dégradation financière des régimes et somme le gouvernement d’effectuer des « ajustements » en vue de résorber les déséquilibres à venir. Il propose plusieurs pistes d’économies à l’exécutif.

 

Le CSR évoque ainsi une sous-indexation des pensions. En d’autres termes, les retraites de base servies seraient revalorisées à un niveau inférieur à celui de l’inflation. Cette solution a été utilisée entre 2013 et 2015, puis renouvelée pour la période 2016-2018, par l’Arrco et l’Agirc, les régimes de retraite complémentaire des salariés du secteur privé.

 

Le Comité reconnait que l’extension de cette mesure aux pensions de base (y compris celles versées aux fonctionnaires) pèserait sur le pouvoir d’achat des retraités et poserait « un problème d’acceptation » alors que ce public va déjà subir la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG). Au 1er janvier 2018, la CSG devrait en effet augmenter de 1,7 point sur tous les revenus, dont les retraites, pour compenser la suppression des cotisations maladie et chômage pour les salariés.

 

 

 

Recul de l’âge de départ

 

Autre mesure suggérée par le CSR : un relèvement de l’âge minimum de départ à la retraite, aujourd’hui fixé à 62 ans. « Cette perspective n’apparait toutefois pas urgente d’autant que les augmentations de l’âge de départ à la retraite peuvent avoir des effets transitoires sensibles sur le taux de chômage », peut-on lire dans l’avis. En clair : un recul à 63 ou 64 ans pourrait accroître dans un premier temps le nombre de seniors inscrits à Pôle emploi.

 

En revanche, si « les catégories dites actives [de la fonction publique] conservent des avantages importants à la fois par rapport aux salariés du secteur privé et par rapport aux autres fonctionnaires », la suppression de ces catégories ne semble « pas obligatoirement génératrice d’économies », estime le Comité présidé par la conseillère d’Etat Yannick Moreau. Pour rappel, les fonctionnaires « actifs » sont autorisés à partir à la retraite à 57 ans, voire 52 ans pour certains, à condition d’avoir effectué un certain nombre d’années de services effectifs.

 

 

TSMF

Publication du 11 septembre 2017