Retraites : la baisse des effectifs de fonctionnaires creuse le déficit

“ En dépit de la reprise économique, le solde du système français des retraites devrait demeurer négatif. ”

En dépit de la reprise économique, le solde du système français des retraites devrait demeurer négatif. Un déséquilibre financier en partie dû à la réduction du nombre d’agents de la fonction publique.

 

 

La France a beau avoir retrouvé le chemin de la croissance économique, l’équilibre financier de son système de retraites est loin d’être assuré. Avec une hausse prévue du produit intérieur brut (la richesse nationale) de 2% en 2018, de 1,9% en 2019 et de 1,7% les trois années suivantes, le déficit cumulé des 42 régimes français de retraite devrait peu ou prou être résorbé en 2022, selon les projections du 5ème rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites (COR) présenté le 14 juin 2018.

 

Reste que cette accalmie devrait être de courte durée puisque le « trou » va ensuite se creuser. Dans le meilleur des scénarios envisagés par le COR (une augmentation moyenne annuelle du produit intérieur brut (PIB) de 1,8%), il faudra attendre 2036 pour revenir à l’équilibre. Toujours avec cette hypothèse très optimiste, le système affichera, en 2070, un excédent équivalent à 1,1% du PIB ou, avec une croissance annuelle moyenne de 1,5%, de 0,2% du PIB.

 

 

Déclin du ratio cotisants/retraités

 

Dans les deux derniers scénarios (croissance moyenne de 1,3% et de 1%), le système sera dans le rouge en 2070, avec un déficit correspondant respectivement à 0,5% du PIB et à 1,5% du PIB. Moins d’activité, c’est moins d’emplois et donc moins de cotisations vieillesse qui rentrent dans les caisses des régimes.

 

Un phénomène amplifié par le vieillissement de la population. Le rapport entre le nombre de cotisants et le nombre de retraités va ainsi passer de 1,7 actif pour 1 pensionné en 2018 à 1,3 actif pour 1 pensionné en 2070. Cette baisse du ratio est particulièrement préjudiciable dans un système par répartition comme le nôtre dans lequel les actifs financent, via leurs cotisations, les pensions des retraités.

 

 

Recul des recettes

 

A côté de ces explications démographiques, le COR pointe une autre raison au déséquilibre financier du système des retraites : la baisse programmée du nombre d’agents de la fonction publique. Dans ses projections, le Conseil a intégré la promesse de campagne d’Emmanuel Macron de supprimer 120.000 postes de fonctionnaires entre 2018 et 2022. Une réduction d’effectifs très pénalisante sachant que les cotisations vieillesse versées par les employeurs publics sont beaucoup plus élevées que celles de leurs homologues du secteur privé.

 

Le taux de contribution se situe à 30,65% pour les collectivités locales et les hôpitaux publics et à 74,28% pour l’Etat (jusqu’à 126,07% pour les militaires), contre 16,30% pour les entreprises privées. En d’autres termes : un fonctionnaire « rapporte » davantage qu’un salarié en termes de cotisations de retraite. Au final, la baisse du nombre d’agents publics devrait entraîner un recul de 2 points des recettes.

 

 

Publication du 3 Août 2018

TSLR