Le système des retraites en net déficit en 2025

“ Les régimes de retraites présenteront un solde cumulé négatif de 8 à 17 milliards d’euros ... ”

Les régimes de retraites présenteront un solde cumulé négatif de 8 à 17 milliards d’euros au moment où la réforme systémique devrait être appliquée, révèle le Conseil d’orientation des retraites qui présente des pistes d’équilibre.

 

On s’en doutait, mais on en est sûr maintenant : le système français des retraites accusera, quoi qu’il arrive, un déficit en 2025, date possible d’entrée en vigueur du système universel en points promis par Emmanuel Macron. D'après un rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR), rendu public le 21 novembre 2019, le « trou » devrait atteindre, selon les scénarios de croissance économique pris en compte, entre 0,3% et 0,6% du produit intérieur brut (PIB). Soit entre 7,9 milliards d’euros et 17,2 milliards d’euros.

 

Problème : l’exécutif a toujours dit que le système des retraites devait être à l’équilibre financier avant sa refonte, afin de ne pas transmettre de dettes aux générations futures. C’est d’ailleurs pour cette raison que le premier ministre Édouard Philippe a demandé au COR de réactualiser ses prévisions avant de lancer le chantier de la réforme. Les données en matière de natalité et d’immigration n’ayant guère évolué, le rapport du 21 novembre diffère peu des projections financières présentées par le Conseil le 13 juin dernier.

 

 

Moins de dépenses et moins de recettes

Certes, le volume des dépenses affiche une baisse de 0,1 point par rapport au rapport précédent sous l’effet de la sous-indexation des retraites de base qui sera instauré au 1er janvier 2020 pour les retraités dont les pensions sont, au global, égales ou supérieures à 2.000 euros bruts par mois. Mais, dans le même temps, les recettes ont également diminué de 0,1 point compte tenu de l'évolution moins dynamique de la masse salariale dans la fonction publique à la suite du maintien du gel du point d’indice. Les rémunérations des fonctionnaires augmentant moins vite que prévu, cela engendre moins de cotisations vieillesse qui rentrent dans les caisses. D’où des prévisions, au final, quasi inchangées.

 

En plus de la réactualisation des projections financières, Édouard Philippe a demandé au COR de soumettre des propositions pour rétablir l’équilibre des comptes du système de retraites. Une mission qui ne fait normalement pas partie des prérogatives du Conseil. Ce que n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler cet organisme consultatif, composé de représentants du patronat, des syndicats, de parlementaires, d’économistes et d’experts en retraite. « Il n’appartient pas au Conseil, mais à chacun de ses membres, de se prononcer sur le bien-fondé de l’objectif d’un retour à l’équilibre financier du système de retraite en 2025, et a fortiori d’exprimer des recommandations sur les voies et moyens d’y parvenir », peut-on lire en préambule de la synthèse du rapport.

 

 

Plusieurs solutions

Le COR étant placé sous la tutelle de Matignon, il s’est prêté quand même à l’exercice. Pour cela, le Conseil s’est appuyé sur les trois leviers classiques des régimes de retraite. À savoir : le niveau des cotisations, le niveau des pensions et la durée de cotisation. En fonction des scénarios économiques, les cotisations devraient augmenter de 0,7 à 1,5 point pour restaurer l’équilibre en 2025. La revalorisation annuelle des pensions devrait être fixée entre 1,2% et 0,5%, c’est-à-dire à des niveaux inférieurs à l’inflation. 

 

Autre solution : le report de l’âge minimum de départ à la retraite de 62 ans à 63 ans dans le meilleur scénario, et à 64,3 ans dans le pire. La durée d’assurance, soit le nombre de trimestres de cotisation nécessaire pour percevoir une retraite sans décote, passerait de 42 ans à 44 ans et jusqu’à 46,3 ans. Le gouvernement a d’ores et déjà déclaré qu’il n’était pas question d’augmenter les charges sociales, ni d’abaisser le pouvoir d’achat des retraités. 

 

Source : https://www.cor-retraites.fr/sites/default/files/2019-11/Rapport_novembre_2019.pdf

 

 

Publication du 11 décembre 2019

TSLR