Le pouvoir d’achat des fonctionnaires retraités en baisse

“ Le niveau de vie des agents de la fonction publique à la retraite s’érode depuis 15 ans ”

Les fonctionnaires retraités, qui ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts, n’ont pas la berlue. Selon un document de travail élaboré par le secrétariat général du Conseil d’orientation des retraites (COR) et présenté le 6 décembre 2017, cela fait des années qu’ils perdent bel et bien en pouvoir d’achat.

 

 

Pour arriver à une telle conclusion, le COR, un organisme consultatif placé sous la tutelle du Premier ministre, s’est basé sur quatre générations (1932, 1937, 1942 et 1947). Comme il le fait traditionnellement dans ce genre d’exercice, le Conseil s’est ensuite appuyé sur trois cas-types : un cadre du secteur privé, un non-cadre du secteur privé et un agent de la fonction publique de catégorie B (employé).

 

 

 

Perte de 0,25 point par an

 

Pour chacun d’entre eux, le COR a pris en compte le montant moyen de la pension, l’évolution des prix à la consommation, les revalorisations annuelles des retraites et les prélèvements sociaux. Il en ressort qu’en ce qui concerne le fonctionnaire retraité de catégorie B, son niveau de vie décline depuis 2002. Cette perte s’élève à environ 0,25 point par an. Ainsi, un agent public de catégorie B né en 1932 a vu le pouvoir d’achat de sa pension brute baisser de 4% après 25 années de retraite par rapport au pouvoir d’achat au cours de l’année de son départ de la vie active.

 

 

Cette baisse résulte de la faiblesse des indexations annuelles pratiquées. Entre les gels et les reports (les dates de revalorisation ont été décalées du 1er janvier au 1er avril, puis du 1er avril au 1er octobre), les retraites ont été en moyenne revalorisées en deçà de l’inflation. Surtout, les prélèvements sociaux prélevés directement sur les pensions par les caisses de retraite n’ont cessé d’augmenter.

 

 

 

Envolée de la CSG

 

C’est notamment le cas de la contribution sociale généralisée (CSG) qui a connu une hausse en 1993, 1997 et 2005. Une contribution additionnelle de solidarité active (Casa) de 0,3% a été créée en 2013 pour financer les dépenses publiques consacrées à la dépendance. A la CSG et à la Casa, s’ajoutent la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) de 0,5%, destinée à combler le « trou de la Sécu », et la cotisation d’assurance maladie instaurée en contrepartie de la prise en charge des dépenses de soins des retraités.

 

 

Cet accroissement des prélèvements sociaux diminue le montant net des pensions. Cette situation a empiré depuis la publication du document du COR. Le 1er janvier 2018, la CSG a été augmentée de 1,7 point pour financer la suppression progressive des cotisations chômage et maladie des salariés du privé. Le taux pour les retraités (y compris fonctionnaires) est alors passé de 6,6% à 8,3%. Et le gouvernement a décidé de reporter la date de revalorisation des retraites du 1er octobre au 1er janvier. De quoi grignoter encore un peu plus le pouvoir d’achat des pensionnés.

 

 

Les fonctionnaires retraités peuvent toujours se consoler en se disant que la situation est pire pour leurs homologues cadres du secteur privé. Compte tenu de la sous-indexation depuis 2011 de leurs retraites complémentaires qui représentent 60% de leur pension globale, les « cols blanc » nés en 1932 ont subi en moyenne une perte de pouvoir d’achat de 5% après 25 années de retraite, d’après les calculs du COR.

 

 

 

TSLR

Publication du 17 mai 2018