Le pouvoir d’achat de certains fonctionnaires va baisser plus que prévu à la retraite

“ Une fois retraités, certains agents de la fonction publique vont voir leur niveau de vie se dégrader plus fortement q... ”

Une fois retraités, certains agents de la fonction publique vont voir leur niveau de vie se dégrader plus fortement qu’initialement envisagé, selon les dernières projections. La faute aux primes non comptabilisées dans le calcul des pensions qui se révèlent plus importantes qu’escompté.

 

 

Le taux de remplacement, c’est-à-dire la différence entre la pension de retraite servie et la dernière rémunération perçue, va chuter plus fortement que prévu pour certains fonctionnaires. Tel est l’un des enseignements du 5ème rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites (COR), un organisme consultatif placé sous l’autorité du Premier ministre, dévoilé le 14 juin 2018.

 

D’après ce document qui fait référence, le taux moyen de remplacement pour un agent de la fonction publique sédentaire relevant de la catégorie B (employé) né en 1956, qui partirait cette année à la retraite à 62 ans (l’âge minimum d’ouverture des droits) en disposant du nombre de trimestres de cotisation requis dans sa génération pour percevoir une pension complète (sans décote), se situe à 61%. En comparaison, dans le 4ème rapport annuel du COR publié l’an dernier, pour un agent sédentaire de catégorie B né en 1955 qui aurait liquidé ses droits avec tous ses trimestres à 62 ans en 2017, le taux moyen de remplacement atteignait 63,4%. Soit une différence de 2,3 points.

 

 

 

Part grandissante des primes dans les rémunérations

 

Cet écart s’explique en grande partie par le niveau des primes. Le 4ème rapport prenait comme hypothèse que les rémunérations variables représentaient en moyenne 24% de la rémunération annuelle globale d’un fonctionnaire sédentaire de catégorie B. Compte tenu de la part grandissante des primes dans la fonction publique, les experts du COR ont revu leurs modèles. Le taux moyen des primes pour un agent sédentaire de catégorie B a été porté à 25%. Or, les rémunérations variables ne sont pas prises en compte dans le calcul des pensions dans le secteur public, car elles ne sont pas assujetties aux cotisations vieillesse. Du coup, plus un fonctionnaire perçoit de primes et plus son taux de remplacement se dégrade.

 

D’ailleurs, les hauts-fonctionnaires, qui bénéficient généralement de primes élevées, disposent de taux de remplacement faibles. Dans ce cas aussi, les experts du COR ont refait leurs calculs. Le taux de prime des agents de catégorie A + (cadres supérieurs) est estimé à 39% dans le 5ème rapport, contre 34% dans le 4ème rapport. Résultat : leur taux moyen de remplacement pour un départ à la retraite à 62 ans sans décote est passé de 53,6% à 44,5%.

 

 

Les enseignants les plus pénalisés

 

Mais la baisse la plus importante concerne les fonctionnaires sédentaires de catégorie A (cadres), dont le gros de l’effectif est constitué par le corps enseignant. Cette catégorie bénéficie en réalité de davantage de primes que prévu. Entre le 4ème et le 5ème rapport, leur taux de prime est passé de 9% à 15%. Dans le même temps, leur taux de remplacement a chuté de 76,2% à 64,8%. Un différentiel de 11,4 points qui fait mal au portefeuille.

 

A noter : les projections du COR prennent en compte les points acquis auprès du régime de retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP). Instauré en 2005, le RAFP vise à intégrer les primes dans la retraite des fonctionnaires puisque les cotisations de ce régime additionnel sont assises uniquement sur la rémunération variable. Reste que comme elles sont plafonnées (les cotisations RAFP ne peuvent excéder 20% du traitement indiciaire), elles ne peuvent pas compenser totalement le manque à gagner à la retraite.

 

 

 

Publication du 6 juillet 2018

TSMF