Le niveau de vie des retraités va se dégrader plus fortement qu’envisagé

“ La baisse du niveau de vie des retraités va être plus importante que prévu. ”

La baisse du niveau de vie des retraités par rapport au niveau de la vie de la population dans son ensemble va être plus importante que prévu. Dans son 5ème rapport annuel présenté le 14 juin 2018, le Conseil d’orientation des retraites (COR) prévoit que le pouvoir d’achat des premiers représentera un peu plus de 89% du pouvoir d’achat de la seconde en 2070, si la croissance économique annuelle se situe à 1% en moyenne. Dans le cas où la hausse de l’activité atteindrait 1,8% en moyenne par an, le ratio tomberait autour de seulement 77% en 2070.

 

Cet écart vient du fait que les retraites sont indexées sur l’inflation et non sur les augmentations salariales. Du coup, plus les salaires sont tirés vers le haut et plus la différence de niveau de vie entre les retraités et la population se creuse. Reste que si ce phénomène n’est pas nouveau, ses impacts se révèlent plus conséquents que prévu. Dans son 4ème rapport annuel publié l’an dernier, le COR estimait ainsi que le niveau de vie des retraités allait représenter en 2070 respectivement 82% de celui de la population avec une hypothèse de croissance de 1,8% ou 94% avec le scénario à 1%. Soit un différentiel, dans les deux cas, de 5 points avec les prévisions du 5ème rapport.

 

Entre temps, plusieurs mesures pénalisantes pour les pensionnés ont, il est vrai, été instaurées. Pour les retraités, la hausse de 1,7 point de la contribution sociale généralisée (CSG) au 1er janvier 2018 n’a pas été compensée, contrairement aux salariés qui ont bénéficié de la suppression des cotisations chômage et maladie. En outre, le report à compter de 2018 de la date de la revalorisation annuelle des retraites de base du 1er octobre au 1er janvier va entraîner un gel des pensions durant trois mois cette année qui ne sera jamais rattrapé.

 

 

Publication du 23 août 2018

TSLR