Age "réel" de départ à la retraite : les projections du COR

“ D’après les dernières prévisions du Conseil d’orientation des retraites, les Français, dont les agents publics, devra... ”

D’après les dernières prévisions du Conseil d’orientation des retraites, les Français, dont les agents publics, devraient décider de partir à la retraite en moyenne à 64 ans d’ici 2030.

 

L’âge « conjoncturel » de départ à la retraite, c’est-à-dire l’âge auquel les actifs (dont les fonctionnaires) liquident dans les faits leurs droits, devrait s’élever à 64 ans en 2030, selon les projections présentées le 22 février 2019 par le secrétariat général du Conseil d’orientation des retraites (COR), un organisme qui fait référence. Soit deux ans de plus que l’âge effectif de départ actuel.

 

Pour rappel, les Français ne sont pas autorisés à partir à la retraite avant d’avoir atteint un certain âge, appelé « âge légal de départ » dans le secteur privé ou « âge minimum d’ouverture des droits » dans la fonction publique. Ce dernier est fixé, comme pour les actifs du privé, à 62 ans pour les fonctionnaires dits « sédentaires » et à 57 ans ou à 52 ans pour les fonctionnaires dits « actifs », dont les emplois présentent « un risque particulier ou des fatigues exceptionnelles ». Dans cette seconde catégorie, figurent notamment les policiers, les surveillants de prison, les sages-femmes ou encore les aides-soignants.

 

 

Davantage de trimestres à justifier

 

En réalité, rares sont les Français, fonctionnaires ou non, qui liquident leurs droits à l’âge minimum. Pour percevoir une pension de base complète (sans décote), les actifs doivent respecter leur durée d’assurance. Il s’agit d’un nombre de trimestres de cotisation qui varie en fonction de l’année de naissance de l’assuré. Or, la loi Fillon de 2003 et la réforme Touraine de 2014 ont sensiblement accru la durée d’assurance afin de prendre en compte l’augmentation de l’espérance de vie. Un actif du privé ou du public né en 1973 devra justifier de 172 trimestres pour bénéficier du taux plein, contre 166 trimestres pour celui né en 1955.

 

Sous l’effet de l’allongement de la durée des études et de l’entrée plus tardive sur le marché du travail, il va être de plus en plus difficile de disposer de tous ses trimestres à 62 ans. Du coup, les assurés vont être plus nombreux à décaler leur départ pour ne pas subir de décote sur leurs futures retraites. D’ores et déjà, les salariés du secteur privé partent en moyenne à 62,5 ans, souligne d’ailleurs le COR. Dans la fonction publique, l’âge moyen conjoncturel se situe plutôt à 61 ans compte tenu des départs anticipés de la catégorie active.

 

 

Moins d’écart entre public et privé

 

Cet écart entre le public et le privé devrait, toutefois, se réduire avec le temps, estime le COR. L’augmentation de la durée d’assurance s’appliquant également aux agents « actifs », ces derniers sont eux-aussi obligés de repousser leur départ s’ils veulent toucher une bonne pension.

 

En outre, le périmètre de la catégorie active ne cesse de se restreindre du fait du mouvement de « sédentarisation » de la fonction publique. Après les instituteurs, les infirmières sont récemment passées de la catégorie active à la catégorie sédentaire. À chaque fois, ce sont plusieurs milliers de fonctionnaires qui ne sont plus éligibles au dispositif de retraite anticipée.

 

 

Publication du 05 Avril 2019

TSLR